L'artiste
« Je parle de choses qui existent, qu'on utilisait, et je les refais vivre. »
Le commencement
Une amie hérite d'objets anciens dont elle ne veut pas. Parmi eux, deux boîtes de dominos Napoléon III en bois d'ébène, magnifiquement serties, et un kaléidoscope. Marie-Astrid Védrenne ne supporte pas l'idée qu'on les jette : « Si toi tu ne les veux pas, moi je les veux bien. » Les boîtes rejoignent la maison — et y restent près de dix ans.
Puis vient un Noël. Elle cherche quoi offrir à sa fille et à ses belles-filles. L'idée surgit : des bracelets, montés sur ces dominos. Reste à les percer. Un ami mécanicien de précision s'en charge, à la perceuse à colonne. Beaucoup éclatent avant qu'on trouve le geste juste.
Ces quelques bracelets offerts un soir de Noël sont les premiers bijoux. Tout ce qui a suivi en est venu.
Avant
Avant d'être créatrice, Marie-Astrid Védrenne a été enseignante en prévention santé et éducation sexuelle dans les écoles. Un métier qu'elle aime, et qui défend ce à quoi elle tient : que chaque enfant, quelle que soit sa couleur, sa religion ou son milieu, ait accès aux mêmes choses, aux mêmes explications, au même matériel. Que rien, dans une classe, ne rappelle à un enfant d'où il vient.
Et une autre idée, portée classe après classe : le droit d'oser être soi. Si toute la classe aime le bleu et que vous aimez l'orange, vous avez le droit de dire que vous aimez l'orange.
C'est cet engagement, gardé intact, qui passera plus tard dans les bijoux et dans les lampes.
Les débuts
Une amie organise à Sarlat un salon nommé Talent de Femmes et l'encourage à y prendre un stand. Elle le fait. Le succès est là. Suivent les marchés artisanaux, puis deux ou trois boutiques qui acceptent ses pièces.
Jusqu'au jour où l'une de ces boutiques, à Montfort, est mise en vente avec le petit appartement au-dessus. Elle l'achète — avec ses enfants. C'est là qu'ouvre sa propre boutique, et qu'elle reçoit encore aujourd'hui, sur rendez-vous.
La manière
Un domino ancien percé, une perle de récupération, un vieux globe de lampe : sous ses mains, ce qui ne servait plus retrouve une vie, une élégance, une histoire. Rien ne se fabrique de neuf — tout se choisit, se chine, se transforme.
Les matières viennent des antiquaires, des brocantes, des vide-greniers, de ceux qui se débarrassent. Certaines pièces coûtent cher, d'autres sont données. Aucune n'est identique à une autre, et c'est précisément pour cela qu'aucun bijou ne peut l'être.
Elle travaille seule, en silence, et n'assemble jamais dans la nervosité : sur certaines pièces, le collage est sans retour. Une fois que c'est posé, on ne peut plus bouger.
Une lampe à mes pieds… une lumière sur mon sentier.
Psaume 119, verset 105
Le verset accompagne Marie-Astrid Védrenne depuis ses tout premiers travaux — bien avant les lampes, bien avant Joséphine. Elle en donne sa lecture : « Une lampe à mes pieds, ce sont les idées qui me viennent. Une lumière sur mon sentier, c'est le fait de les réaliser, et de pouvoir les montrer. »
La suite
Douze lampes pour douze vies de Joséphine Baker, exposées au château des Milandes.
Découvrir l'expositionNous rencontrer
Une pièce unique se choisit en personne. On vous accueillera pour vous la faire découvrir — rue Jacob, à Paris, ou à Montfort, en Périgord, sur rendez-vous.
Pour un rendez-vous ou toute demande : contact@marieastridvedrenne.com