L'exposition · 2024–2025
Douze lampes pour douze vies de Joséphine Baker, exposées dans la demeure périgourdine qui fut la sienne.
La genèse
Tout commence par un grave accident de voiture. Immobilisée pendant des mois, Marie-Astrid Védrenne se raccroche à ce qui l'anime depuis toujours : créer. Ses proches lui rapportent de quoi composer — des opalines, surtout, ces verres anciens qu'on ne fabrique plus.
Novembre 2021 : Joséphine Baker entre au Panthéon. En suivant la rétrospective de son parcours, une évidence s'impose — les courbes de ces vieux globes de lampe appellent Joséphine. Non pas seulement par la forme, mais par le fond.
Alors elle lit. Tous les livres qu'elle trouve sur elle, l'un après l'autre, depuis son lit. Peu à peu, douze valeurs se dégagent — douze facettes portées par une même femme tout au long de sa vie. Elle en fera douze pièces.
Joséphine n'était d'ailleurs jamais bien loin : ses propres parents l'avaient rencontrée, et elle a toujours connu les Milandes. « Un personnage à la fois lointain et proche, du fait qu'elle soit en Dordogne. »
La matière
Les Joséphine ne sont pas fabriquées : elles sont trouvées, puis assemblées. Des opalines anciennes, chinées chez les antiquaires, dans les vide-greniers, chez les récupérateurs, chez ceux qui se débarrassent. Certaines achetées cher, d'autres offertes — et magnifiques. Pour l'Élégante, ce sera du cristal de Murano, parce qu'il fallait évoquer la salle de bain de Joséphine.
« Je parle de choses qui existent, qu'on utilisait, et je les refais vivre. »
L'assemblage ne pardonne rien. Une fois les formes accordées entre elles, il faut coller — la même colle que pour les aquariums, pour la solidité. Le geste est sans retour : une fois que c'est posé, on ne peut plus bouger. Il ne faut pas se louper. Cela demande une concentration entière, et l'absence de toute nervosité. Un ami artisan est souvent là, à côté, simplement pour tenir. Le fait d'être deux, c'est rassurant.
L'exposition
Le château des Milandes, en Dordogne, fut la demeure de Joséphine Baker — celle où elle éleva sa tribu arc-en-ciel, et qu'elle finit par perdre aux enchères. C'est là, entre ces murs chargés de sa présence, que la série Lumineuse Joséphine a été exposée fin 2024 et en 2025.
L'aventure est née d'une rencontre. Une amie de la propriétaire du château, passée par la boutique de Montfort, y remarque la lampe à la ceinture de bananes et convainc la créatrice de prendre contact. Angélique de Labarre, propriétaire des Milandes et gardienne de la mémoire de Joséphine, se déplace jusqu'à la petite boutique du Périgord, découvre la série — et offre à Marie-Astrid Védrenne une exposition dans les salles mêmes du château.
Pas une exposition sous vitrine : une exposition vivante. Chaque lampe posée dans la pièce qui lui répond, parmi les robes, les objets, les lettres et les souvenirs de celle qui les a inspirées. Deux des œuvres figurent aujourd'hui dans Merci Joséphine, le livre qu'Angélique de Labarre a écrit, illustré et édité elle-même en 2025.
Château des Milandes · 2024–2025
Au château
Chaque lampe a trouvé sa salle. Non pas selon la lumière ou le décor, mais selon le moment de vie qu'elle raconte — un parcours dans la maison, qui est aussi un parcours dans une existence.






Photographies : Bertrand Lesort
La série · œuvre close
Douze lampes pour douze visages d'un même courage : la danseuse, la chanteuse, la résistante, la militante, la mère. La dernière, la Tribu Arc-en-ciel, rassemble les douze enfants adoptés dans un tableau de couleurs — et l'artiste y a tenu à ajouter un signe pour l'enfant que Joséphine n'a pas pu porter, et qui est à l'origine de ce rêve devenu réalité.
La série est achevée. Elle ne sera pas rééditée.












Photographies : Bertrand Lesort
Une lampe à mes pieds… une lumière sur mon sentier.
Psaume 119, verset 105
Le verset accompagne Marie-Astrid Védrenne depuis ses tout premiers travaux, bien avant Joséphine. Elle en donne sa propre lecture : « Une lampe à mes pieds, ce sont les idées qui me viennent. Une lumière sur mon sentier, c'est le fait de les réaliser, et de pouvoir les montrer. »
Presse
« Joséphine et Marie-Astrid,
des artistes éclairées »
Suzanne Boireau-Tartarat · Bien en Périgord · 23 mars 2025